
La collaboration en entreprise peut aller beaucoup plus loin que ce que beaucoup peuvent s'imaginer. Encore une fois la situation que je vais vous conter est réelle et toute ressemblance avec des personnages existants est fort probable. Avant de parler de notre mutation nous étions une entreprise 1.0 tout ce qu'il y a de plus classique, grand PME Française où tout le monde avait son petit rôle à jouer, sous couvert de sa carte de visite arborant ses galons mérités ou pas et d'une fiche de fonction ultra détaillée traçant pour chacun son chemin clairement défini et n'autorisant que peu de folklore.
Heureusement Gourou 2.0 est arrivé pour casser tout ça, ouvrir les cages aux oiseaux et libérer les prisonniers des "petits chefs" comme il aime à le dire, préférant utiliser la pression des pairs beaucoup plus saine que la hiérarchie classique selon lui (ce qui reste à démontrer vu le résultat ou vu l'absence de résultat !!).
Heureusement Gourou 2.0 est arrivé pour casser tout ça, ouvrir les cages aux oiseaux et libérer les prisonniers des "petits chefs" comme il aime à le dire, préférant utiliser la pression des pairs beaucoup plus saine que la hiérarchie classique selon lui (ce qui reste à démontrer vu le résultat ou vu l'absence de résultat !!).
Donc nous voilà tous libres, sans carte de visite, ni titre, ni fiche de fonction, libres de faire ce que l'on veut sous couvert de collaboration avec ses camarades pour régler, gérer, décider, ce qu'il y a de mieux pour notre navire amiral afin de naviguer le plus loin possible vers des eaux plus bleues ... et limpides. Bref tout ce petit monde commence à dresser les procédures permettant à tout à chacun de remplacer l'autre et partager ses méthodes et compétences afin de ne plus être le seul à avoir les clés de son savoir et de sa valeur ajoutée. Bien en déplaise à beaucoup de monde et les "rats" commencent à quitter le navire sans crier gare. Et là, ô surprise, Gourou 2.0 motive le non remplacement des "rats" en brandissant la liasse de procédures qui sont pour lui compréhensibles et applicables par tout humain normalement constitué. Les "rats" laissent ainsi les ex petits camarades seuls avec leurs procédures pour prendre les rênes de leurs nouvelles responsabilités. Le collaboratif et le sens humain d'entraide joue pleinement en faveur de cette vision puisque chacun voulant aider son prochain, les tâches seront faites (on parle ni efficacité ni qualité ici soyons clairs !!). A ce moment précis, attendez-vous à entendre la grande voix des Sages dire : "vous voyez bien qu'il n'avait pas besoin d'être remplacé !".
Certes, mais ce petit jeu prenant de l'ampleur la réduction de l'effectif devient drastique et la charge des responsabilités réparties sur tous les survivants s'accumule avec les incompétences qui vont avec. Economie salariale, pression des pairs sous couvert de modernisme économique du nouveau monde du travail plus ouvert, plus libre, plus" friendly" bref plus 2.0 (alleluia) et on appelle cela.... le progrès. Alors il ne faut pas jeter l'eau du bain avec le bébé mais la vision 2.0 et ses dérives peuvent aller à l'encontre de l'emploi, de la compétence et du bien être au travail et donc d'une bonne productivité (saine et sereine).
C'est un risque, mais il n'est pas dû au modèle 2.0, collaboratif et participatif.
RépondreSupprimerIl tiient essentiellment de l'impératif de rentabilité à court terme imposé par certains actionnaires conjugué à la difficulté (impossibilité) à savoir dire non (pression, mobbing) de certains managers et collaborateurs (concurrence).
Sachons rester vigilant !
Merci pour ce papier.
Dans l'exemple le "Gourou 2.0 " n'en était pas un. Le collaboratif ne s'impose pas, d'où le résultat que vous donnez. La démarche vers l'entreprise 2.0 est très stricte et demande un certains nombre d'étapes. Manifestement, l'exemple donné montre les erreurs à ne pas faire. Ce n'est pas pour autant qu'il faut refuser le 2.0
RépondreSupprimerCe que vous décrivez ressemble fortement à la volonté de créer une entreprise "libérée". Mais toute transformation s'appuie sur une intention qui doit être forte, claire et partagée par tous, surtout dans ce type de mouvement, vers plus d'autonomie et de responsabilisation individuelle et collective.
RépondreSupprimerIci on a visiblement une transformation imposée, décrétée, aux objectifs non partagés, et qui s'impose à tous. Quelques indices : les départs massifs que vous évoquez, la pression des pairs comme mode de contrôle... Le contrôle n'est pas compatible avec l'entreprise collaborative. La dynamique s'appuie sur une vision et des valeurs communes et des objectifs partagés. Le contrôle n'apporte que de la déresponsabilisation, soit l'opposé de l'objectif du 2.0... Mais ça signifie que la direction doit lacher ses craintes et son besoin de controler / evaluer pour se rassurer.
Et puis il semble y avoir confusion entre les outils et les objectifs dans votre exemple. Devenir 2.0 ne peut pas être un objectif, mais un moyen au service d'une ambition. Le 2.0, c'est à la fois un cadre et une trousse à outils, pas une vision de boite... C'est l'artiste et son intention qui fait l'oeuvre, pas le pinceau ou l'appareil photo...
Les conséquences de la démarche telle que vous la décrivez sont en revanche tout à fait cohérentes ;-)
Bonjour et merci d'avoir prit de votre temps pour laisser vos commentaires.
RépondreSupprimerYaël, vous avez très bien analysé la problématique de l'environnement que je décris. Et c'est ce pour qui motive mon blog. Décrire les travers qui PEUVENT (ce n'est bien sur pas une généralité mais un risque) surgir d'une mutation 1.0 vers le collaborative lorsqu'elle est mal impulsée. C'est aussi pour cela que j'appel le moteur de cette mutation un gourou. Un, parce que je ne peux pas le nommer (dommage), deux, parce qu'un gourou pour moi n'a pas d'intention saine ou en tout cas pas celle qu'il expose publiquement.
Pour revenir sur le thème du billet, la collaboration induit de fait un meilleur spectre des compétences collectives, surtout quand il y a formation qui induit forcement des déceptions chez certain, des ailes (ou des dents de requin) pour d'autres ce qui se traduit par des baisses d'effectifs in fine. Certe, la pression économique est telle aujourd'hui qu'elle pousse le non renouvellement, mais le starter est bien le collaboratif dans mon exemple du fait que chacun peut prendre la fonction de l'autre (plus mais surtout moins bien). Si ce phénomène peut effectivement avoir lieu dans une entreprise classique comme le dit Claude d'Infogov, la justification ici est bien de dire que grâce au collaboratif nous n'avons plus besoin de remplacer les personnes. Dans le fond ça ne change rien (par rapport à une entreprise 1.0) mais sur la forme et sur les relations de confiance, d'échange..., ça change tout.
Et comme le dit très bien Vincent, "La démarche vers l'entreprise 2.0 est très stricte et demande un certains nombre d'étapes" ... c'est mon unique message et j'expose ici les conséquences lorsque cela n'est pas respecté.
En tout cas encore merci à vous.
Tiens...j'étais justement en train d'écrire un truc sur la nécessité de repenser l'allocation des ressources et pointer les limites de l'organisation "organique" dès lors que la stratégie n'est pas d'"embaucher plus pour collaborer plus".
RépondreSupprimerOn en reparle...
Bonjour, intéressant post qui reflète encore le manque de vision de nombreuses entreprises, françaises ou non! On parle de collaboratif en oubliant qu'il faut les moyens et les objectifs de la collaboration. Les moyens sont bien entendu les outils et l'alignement des process favorisant la coopération, puis la collaboration, et surtout les objectifs de la collaboration : le client et la création de valeur tant pour le client final que pour le client interne!
RépondreSupprimerJe suis d'accord avec la plupart des commentaires ci-dessus et j'aime penser que ce qui mène avant tout le projet collaboratif, ce sont les valeurs que nous partageons et souhaitons voir grandir.